Géoparc du M’Goun : les travaux battent leur plein pour une ouverture programmée fin mars

-Par Abderrazak TREBAK-

Azilal – Alors que les derniers préparatifs battent leur plein pour l’ouverture du plus important parc jurassique dans la région de Béni Mellal-Khénifra, les habitants d’Azilal semblent attendre avec impatience l’inauguration du Géoparc du M’Goun qui aura, sans doute, un impact très positif sur le tourisme interne.

Ainsi, après l’achèvement des travaux de construction des espaces du Parc, les travaux de finalisation de la scénographie d’exposition du musée sont en cours pour en faire de cet espace un parc jurassique moderne, avec des caractéristiques techniques spécifiques mettant en valeur le patrimoine archéologique de ce parc, labellisé en 2014 patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le Géoparc du M’Goun, qui s’étend sur une superficie de 5.700 km2 depuis les montagnes du Haut et du Moyen Atlas entre Béni Mellal et Azilal, constitue l’une des réalisations les plus importantes et prometteuses qui caractérisent la région, en ce sens qu’il représente une base pratique et adaptée pour la recherche scientifique et environnementale, et un espace offrant aux visiteurs et à la population locale une occasion propice pour découvrir ce patrimoine national naturel d’exception.

Il est à noter que le projet de scénographie d’exposition du musée a été financé par la région de Béni Mellal-Khénifra pour un coût de plus de 8,6 MDH, alors que la réalisation des travaux est assurée par l’agence régionale d’exécution des projets.

Dans ce sillage, le Wali de la région de Béni Mellal-Khénifra, gouverneur de la province de Béni Mellal, Khatib El Hebil, accorde une grande importance à l’achèvement et à la mise en œuvre des différents travaux de ce nouveau joyau du Haut Atlas.

Le Conseil d’administration du Géoparc du M’Goun, réuni récemment à Azilal, avait examiné les progrès réalisés dans les projets de valorisation des ressources naturelles et culturelles du domaine occupé par ce parc, labellisé patrimoine mondial de l’UNESCO, au moment où le bureau d’étude a appelé les différents intervenants à hâter la cadence d’achèvement des travaux de construction et de réhabilitation du musée jurassique d’Azilal, de manière à ouvrir ses portes au public avant la fin du mois de mars prochain, rappelant qu’il s’agit du premier musée au niveau national qui comprend un certain nombre de fossiles et d’antiquités archéologiques liés à l’histoire naturelle de la région.

Le bureau d’étude a, de même, souligné l’importance de poursuivre les travaux de restauration d’un certain nombre de sites géologiques et touristiques, en particulier au niveau des cascades d’Ouzoud, se félicitant des efforts considérables consentis pour la réussite de cet important projet naturel et culturel, que ce soit à travers des projets dédiés au désenclavement de la région ou à travers la valorisation des produits agricoles et les projets à caractère socio-économique, en plus de ceux visant la préservation du domaine forestier important de la province.

Pour sa part, le président du conseil de la région de Béni Mellal-Khénifra, Brahim Moujahid, avait émis l’espoir de voir la ville d’Azilal se développer grâce à l’ouverture de ce musée, qui comprend des fossiles de dinosaures, indiquant qu’il s’agit d’une entité culturelle importante pour la province à même de faire connaître la région à l’échelle internationale.

Le gouverneur de la province d’Azilal, M’Hamed Atfaoui, avait indiqué que le musée ouvrira prochainement ses portes, et que les travaux de construction et de réhabilitation battent leur plein, appelant à mener une réflexion profonde sur l’avenir de ce parc et de ses espaces.

Dans une déclaration à la MAP, le président de l’Association du Géoparc du M’Goun, Driss Achbal, a assuré que ce parc qui s’étale sur une superficie de 5.730 km2 englobera un “dinoparc” (Parc consacré aux dinosaures) conformément aux cahiers de charges définis par l’UNESCO.

De son côté, le professeur et archéologue, Abdelkhalek Majidi a souligné que ce parc est doté d’un riche patrimoine géologique, minéralogique et paléontologique exceptionnel qui suscite l’intérêt de la communauté scientifique nationale et internationale.

M. Majidi a fait savoir que la province d’Azilal a constitué un abri écologique où des groupes humains ont habité pendant des années, notant que le site renferme de nombreux sites géotouristiques et archéologiques de grande valeur, tels que les empreintes de dinosaures et les gravures rupestres.

Il a ajouté que ce musée sera le point de rencontre de multiples spécialités qui ont trait aux investissements dans la province, que ce soit en termes de protection de la nature ou de la recherche scientifique, de la diversité biologique, du tourisme et de la culture.

Le Bureau du Réseau mondial des Géoparcs, émanation de l’UNESCO, a décerné, lors de la 6ème Conférence mondiale des géoparcs tenue du 18 au 22 septembre 2014 à Stonehammer Geopark au Canada, le prestigieux label “Global Geopark” au Géoparc du M’Goun, parmi 11 nouveaux géoparcs situés dans sept pays européens et asiatiques (Chine, Japon, Espagne, Portugal, Danemark, Autriche et France).

Pour obtenir ce label, le Géoparc du M’Goun a dû répondre à deux critères essentiels, à savoir présenter un territoire qui recèle un patrimoine naturel, géologique, culturel et architectural riche et varié, et être doté d’une structure de gestion appropriée et d’une stratégie de développement socio-économique, s’appuyant notamment sur le géotourisme et le tourisme durable.

Situé dans le haut Atlas central, le Géoparc du M’Goun, qui a vu le jour en 2004 suite à la signature d’une convention-cadre entre la région de Tadla-Azilal, les groupements de communes de la région et l’Association pour la protection du patrimoine géologique du Maroc (APPGM), a obtenu également le soutien de plusieurs organismes publics et privés.

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