La pondération du Maroc, facteur de stabilité et d’apaisement de la région du Golfe

Les relations Maroc-pays du Golfe étaient au cœur du débat lors d’une rencontre organisée jeudi dernier à distance par la Fondation Lafkih Titouani de Salé. Cette rencontre était une occasion pour revenir le rôle joué par le Royaume dans l’apaisement de la crise du Golfe ayant éclaté en 2017 suite au rappel de trois pays du Golfe de leurs ambassadeurs au Qatar et l’impact de cette mesure sur l’unité du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

«Le Maroc a joué un rôle décisif dans la baisse de la tension qui existait entre certains pays du Golfe au lendemain de la décision de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de Bahreïn de rappeler leurs ambassadeurs au Qatar», a indiqué Larbi Jaïdi, chercheur et «Senior Fellow»au sein du «Policy Center for the New South». Le professeur universitaire qui s’exprimait jeudi dernier lors d’une rencontre organisée à distance par la Fondation Lafkih Titouani de Salé sous le thème «Les relations entre le Maroc et les pays du Golfe pour un partenariat stratégique multidimensionel», a indiqué que le soutien dont le Maroc a fait montre à l’égard du Qatar a suscité au début des inquiétudes quant à la réaction de l’Arabie saoudite et les Emirates arabes unies. «Le facteur temps a fini par confirmer la sagesse de la démarche marocaine qui a contribué à inciter plusieurs pays du Golfe à réviser leur position et à baisser la tension et œuvrer pour préserver l’unité», a-t-il souligné. M. Jaïdi a rappelé dans ce sens que l’année 2017 a constitué un tournant majeur dans l’histoire du Conseil de coopération du Golfe suite à la crise engendrée par le rappel des trois ambassadeurs.

Une décision qui menaçait d’avoir de graves répercussions sur l’avenir du Conseil, mais qui a été surmontée. «Aujourd’hui un nouveau climat de confiance s’est installé ouvrant un nouvel horizon dans le domaine diplomatique» note M. Jaïdi. Revenant sur la récente signature de la normalisation avec Israël par Bahreïn et les Émirats arabes unis, le même chercheur a estimé que cette action a entraîné la formation de deux «courants», le premier estime que cette mesure pourra constituer une menace pour la région et sa stabilité, tandis que le deuxième y voit une source de stabilité. M. Jaïdi a souligné qu’outre ce point de discorde, le Conseil de coopération du Golfe a souffert du manque de convergence des visions des différents États membres concernant certaines questions, particulièrement la question sécuritaire. Par ailleurs l’unité du Conseil s’est heurtée à plusieurs contradictions, dont la concurrence du Royaume de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, d’une part, et de l’Iran, d’autre part.

Pour sa part, Moussaoui Ajlaoui, expert au Centre d’études pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a relevé que les relations Maroc-pays duGolfe ont franchi plusieurs étapes depuis les années 1960, et la mise en place d’une action arabe commune jusqu’à l’étape du printemps arabe, puis de la crise du Golfe, considérant que ces relations ont radicalement changé après 2011. L’expert a rappelé néanmoins que le Maroc a toujours entretenu des relations distinguées avec les États arabes du Golfe depuis l’indépendance. Ainsi il a été, par exemple, le premier pays à reconnaître les Émirats arabes unis.

Aussi, de leur côté, les États du Golfe ont toujours soutenu le Maroc, aussi bien sur le plan économique qu’en ce qui concerne la cause nationale du Royaume. Abordant la crise du Golfe qui a éclaté en 2017 entre le Qatar et un certain nombre d’États du Golfe, ce chercheur a estimé que cet événement a constitué une étape importante dans les relations Maroc-pays du Golfe, après que le Royaume a pris une position neutre qui s’est avérée ensuite être une position sage ayant impacté positivement la relation Maroc-pays du Golfe. Ce qui s’est traduit par un soutien complet exprimé par les États du Golfe à la position du Maroc de la question du Sahara marocain et l’ouverture de consulats de ces pays dans les provinces du Sud.

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