Suzanne Harroch, la voix cristalline qui mêle harmonieusement l’arabe et l’hébreu

Debdou (province de Taourirt) – A Debdou, ville de l’Oriental marocain, l’émotion était à son comble lundi soir à la faveur de la prestation offerte par la chanteuse marocaine Suzanne Harroch, qui a gratifié le public du festival “Les rendez-vous de l’histoire” d’un florilège de chansons qui fusionnent deux langues, l’arabe et l’hébreu.

“Omri ma nensak ya mamma”, “Abi Yadi”, la chanson du henné de la mariée juive, ou encore des tubes des artistes Samy El Maghribi et Salim Halali, sont autant de chansons qui ont transporté l’assistance dans un monde de spiritualité et de belles paroles exprimées avec une voix chaleureuse comme la terre d’Erfoud qui lui a donné naissance.

Vêtue d’un caftan élégant, cette grande dame qui chante magnifiquement le répertoire judéo-marocain avec la sincérité, l’authenticité et le charme qui le caractérisent, a su partager sa bonne humeur et son sourire généreux avec son public, qui s’est largement laissé emporter par l’ambiance festive qui régnait dans la salle du spectacle.

Aux yeux de cette artiste à la voix envoûtante et profonde, la participation à cette première édition du festival déborde de significations, en ce sens qu’elle met en relief la richesse du patrimoine judéo-marocain et le modèle civilisationnel singulier de coexistence, de tolérance et d’interaction entre les juifs et les musulmans au fil des siècles au Maroc.

“J’ai une grande passion pour le ghranati et le melhoun”, a-t-elle confié à la MAP, ajoutant qu’elle a eu l’habitude depuis sa petite enfance d’animer des fêtes entre familles et des journées de Shabbat dans le Tafilalet, sa région natale.

Celle dont les chansons prônent les valeurs d’amour, de paix, de solidarité et d’espoir s’est dite “heureuse” d’avoir eu l’appréciation et l’encouragement du grand poète Malou Rouane, ajoutant qu’elle a pris part au dernier film du réalisateur et scénariste Saad Chraibi, “Les 3M”, en interprétant des extraits musicaux en arabe et en hébreu tout en assurant une belle fluidité entre les deux langues.

Rare celui qui restera insensible à sa présence charismatique et à son timbre naturel nourrit d’une énergie à la fois douce et puissante où la mixité de son répertoire renvoie à l’harmonie et au vivre-ensemble marquant les communautés vivant au Maroc depuis longue date.

“Cette première édition du festival se veut une fête qui réunit juifs et musulmanes abstraction faite de leurs croyances”, explique Suzanne qui fait savoir que ce genre d’événements permet aux juifs marocains qui tiennent beaucoup à leurs racines et à leur identité, de venir voir leurs amis et voisins d’antan et surtout de faire connaitre aux jeunes générations la terre de leurs ascendants, et de visiter leurs saints et les tombes de leurs aïeuls.

“Ma petite-fille installée en France reprend magnifiquement des morceaux de la légende de la chanson populaire populaire Hajja Hamdaouia, bien qu’elle ne parle pas l’arabe et son rêve est de rencontrer un jour cette grande artiste”, poursuit Suzanne, notant que l’amour du Maroc demeure dans le sang de l’ensemble des juifs marocains partout dans le monde. “Je suis marocaine et fière de l’être”, résume-t-elle.

Dans l’attente d’autres festivals qui mettent en valeur la richesse et l’ancestralité du patrimoine marocain, toutes composantes confondues, Suzanne continue de faire entendre ses chants spirituels et populaires qui marquent les esprits et contribuent à l’épanouissement des individus.

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