Tenue à Paris de la 2ème Conférence annuelle de l’ONG «Leaders pour la paix»

Paris – L’ONG «Leaders pour la paix» (LPP), créée à l’initiative de l’ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin et qui compte parmi les membres de son conseil Mme Assia Bensalah Alaoui, Ambassadeur itinérant de SM le Roi, tient, lundi et mardi à Paris, sa deuxième Conférence annuelle.

Cette Conférence a été marquée, lundi, par l’adoption par “le Conseil des leaders” d’un Rapport proposant des clés pour “une nouvelle dynamique de l’ordre multilatéral” et “une sécurité collective régionale comme instrument de stabilité”.

L’ONG « Leaders pour la paix », qui agit comme un think thank, développe chaque année un rapport sur l’un des sujets fondamentaux de l’actualité. Cette année, elle a choisi la grave crise du multilatéralisme et comment y apporter des réponses.

« Nous voyons tous comment le multilatéralisme est menacé par ceux là même qui l’ont crée avec comme point d’orgue les Nations Unies et surtout son organe le plus important : le Conseil de sécurité. Ainsi, la légitimité, la légalité et les moyens de l’ONU se trouvent menacés. Des problématiques auxquelles nous avons tenté d’y apporter réponse dans ce Rapport; car il est clair que le multilatéralisme est une garantie de paix», a indiqué Mme Assia Bensalah Alaoui, Ambassadeur itinérant de SM le Roi, dans une déclaration à la MAP.

Le Rapport qui sera présenté à tous les grands leaders à travers le monde, en premier lieu le Secrétaire général de l’ONU, mais également à un certain nombre de chefs d’Etat, met également l’accent sur la prévention des conflits. « Une dimension fondamentale et l’un des piliers de la défense de la paix », a affirmé Mme Bensalah Alaoui, ajoutant que l’ONG “Leaders pour la paix” a préconisé le développement d’espaces pour la paix et le dialogue où la société civile pourra y trouver sa place, « une place méritée ».

Mme Bensalah Alaoui, qui a affirmé être « entièrement mobilisée au sein de cette ONG », a tenu à souligner la mobilisation du Maroc, en particulier SM le Roi, pour le multilatéralisme. “Le Royaume du Maroc milite pour que des pays en développement puissent avoir et conserver une voix et acquérir beaucoup plus de poids” dans ce mode d’organisation des relations inter-étatiques, a-t-elle dit en soulignant que “le multilatéralisme ne pourra être renforcé s’il exclut une majorité de pays”.

Elle a estimé, dans ce contexte, que la représentativité des pays en développement en général et de l’Afrique en particulier mais aussi celle des pays arabes doit être «réellement » consolidée, confortée. « Et l’on voit que le Maroc se mobilise pour cette question », a-t-elle dit.

Le Forum des « leaders pour la paix » a également discuté de la relance du multilatéralisme à travers la sécurité régionale. Il a débattu, dans ce contexte, d’une nouvelle sécurité en Europe. « Pour ma part, j’ai insisté sur le fait que la sécurité de l’Europe ne sera jamais garanti sans une sécurité globale en Méditerranée et par delà en Afrique mais aussi au Proche Orient. »

Dans une déclaration à la presse, le président de « Leaders pour la paix » et ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, a indiqué que le Rapport discuté et en partie adopté aujourd’hui est « une réflexion sur le dialogue pour la paix, et sur comment redonner un nouvel élan au multilatéralisme qui souffre d’une grave crise».

Selon M. Raffarin, face aux tensions et aux guerres qui secouent le monde, « nous avons besoin d’un multilatéralisme enraciné et d’un espace de dialogue ». « C’est notre vision d’un nouvel élan du multilatéralisme », a-t-il dit.

Quant aux voix, notamment celle du Maroc, appelant à un multilatéralisme inclusif, le président de « Leaders pour la paix » a jugé cette position «compréhensible». « Nos grandes institutions internationales ont été faites à un moment où l’Afrique n’était pas l’Afrique, en tout cas pas la puissance de l’Afrique d’aujourd’hui et son potentiel de demain. C’était aussi à un moment où l’Asie n’était pas l’Asie d’aujourd’hui. Donc il est clair qu’il faut que le multilatéralisme d’aujourd’hui représente le monde nouveau. Cela veut dire que le Nord et l’Ouest qui avaient une place de fondateurs au départ doivent accepter la réforme du multilatéralisme”, a affirmé M. Raffarin.

Et de conclure que le multilatéralisme sera reconnu dès lors qu’il est représentatif et inclusif. “Un terme fortement souligné dans notre Rapport ».

A l’occasion de sa 2ème Conférence annuelle, l’ONG «Leaders pour la Paix» organise, pour la première fois, à Paris un Peace Lab en partenariat avec Sciences Po Internationale dédié aux «Femmes et la Paix».

La conférence est marquée également par la remise du Prix «Smart Peace Prize» pour la meilleure initiative pédagogique d’éducation à la paix.

Le prix sera décerné mardi à « Graines de la paix », une organisation basée à Genève mais qui travaille énormément en Afrique.

Le Conseil de l’ONG «Leaders pour la paix» compte parmi ses membres des personnalités dotées d’une grande expérience en matière des relations internationales et d’une connaissance profonde des opinions publiques.

Au nombre de ces personnalités figurent d’anciens Premiers ministres (l’Italien Enrico Letta, le Hongrois Peter Medgyessy, le Burkinabé Tertius Zongo..), l’ex-secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, et l’ex-secrétaire d’Etat adjoint de l’ancien président américain Barack Obama, Antony Blinken.

Cinq anciens ministres des Affaires étrangères comme le Suédois Carl Bildt et l’Egyptien Amr Moussa figurent également dans le Conseil, de même que d’anciens ambassadeurs de premier plan à Paris, le Russe Alexandre Orlov et le Chinois Kong Quan.

Des membres du Conseil de “Leaders pour la paix” seront reçus mardi par le Président français Emmanuel Macron et auront des entretiens avec le Premier ministre Edouard Philippe.

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